Alors que les tendances musicales actuelles privilégient le modernisme, les instruments traditionnels tombent peu à peu dans l’oubli. Un désintérêt qui fragilise le rôle identitaire de la musique communautaire et éloigne parfois la valorisation des racines qui ont écrit l’histoire africaine. Face à ce constat, le concert des musiques traditionnelles voit le jour à Bukavu. Portée par le centre culturel Kwetu Art, cette initiative vise à restaurer la place fondamentale de ce patrimoine culturel au cœur de nos communautés.
Axé sur le thème « aux sources de nos rythmes », le concert des musiques traditionnelles facilite un mariage interculturel et un terrain qui ne parle que le langage de la cohabitation pacifique. Le chargé de programmes à l’intérim au sein de ce centre, M. David Ampire, a renseigné qu’il est temps d’éveiller les souvenirs autour des rôles de la musique, des chants et des tambours sur la construction des sociétés africaines de manière générale et celles de Bukavu qui marchent dans les pas de la paix.
Le concert des musiques traditionnelles d’Ecka plonge dans les profondeurs de la solidarité communautaire et offre à l’art local, un modèle d’inspiration et des nouvelles ouvertures. Il rappelle la résilience, l’union des peuples et le sens des échanges pour la promotion du vivre ensemble.
Le chef des programmes de cette structure note l’urgence des échanges culturels pour la promotion de la paix dans des zones aux tissus fragilisés. C’est ainsi que le concert de musiques traditionnelles sensibilise des artistes à l’inclusion des instruments traditionnels dans leurs compositions modernes, et faire appel aux mécènes pour un soutien garanti des arts locaux porteurs des histoires.
« Il faut savoir que la musique traditionnelle était jadis une marque d’identité, mais aujourd’hui elle tend à perdre son influence. C’est pourquoi Ecka a voulu consacrer environs deux heures de spectacle pour valoriser les artistes et encourager la participation des jeunes s’inspirant de musiques traditionnelles. Il s’agit de la promotion de cette vitrine mais aussi un moment de dialogue », a-t-il dit.
Cette agrémentation prévue pour le 22 Février aux enceintes du centre culturel Ecka accueillera la compagnie des arts africains pour la culture (CAAC) ainsi que le chœur du messie de Burhiba.
Kathia AMINA